geindre


geindre

1. geindre [ ʒɛ̃dr ] v. intr. <conjug. : 52>
giembre XIIe; lat. gemere
1Faire entendre des plaintes faibles et inarticulées. gémir, se plaindre. Malade qui geint.
2(Choses) Émettre un bruit plaintif. « sous l'ouragan Un vieux sapin geint et se couche » (Apollinaire). L'orgue « geignait lamentablement » (Gautier).
3(XIVe) Fam. et péj. Se lamenter à tout propos, sans raison valable ( geignard). Arrête de geindre ! pleurnicher.
geindre gindre [ ʒɛ̃dr ] n. m. VAR. geindre
• 1694; joindre 1268; lat. junior « plus jeune »
Techn. Ouvrier boulanger qui pétrit le pain. ⊗ HOM. 1. Geindre.

geindre verbe intransitif (ancien français giembre, du latin gemere) Gémir d'une voix faible, inarticulée sous l'effort, la douleur, etc. : Blessé qui geint de douleur. Se plaindre à tout propos : Il ne cesse de geindre sur son époque.geindre (difficultés) verbe intransitif (ancien français giembre, du latin gemere) Conjugaison Comme craindre. Attention au groupe -gni- aux première et deuxième personnes du pluriel, à l'indicatif imparfait et au subjonctif présent : (que) nous geignions, (que) vous geigniez. ● geindre (homonymes) verbe intransitif (ancien français giembre, du latin gemere) gindre nom masculingeindre (synonymes) verbe intransitif (ancien français giembre, du latin gemere) Gémir d'une voix faible, inarticulée sous l'effort, la douleur, etc.
Synonymes :
- gémir
Se plaindre à tout propos
Synonymes :
- récriminer
gindre ou geindre nom masculin (ancien français joindre, apprenti, du latin junior, plus jeune) Vieux. Ouvrier boulanger qui pétrit le pain. ● gindre ou geindre (homonymes) nom masculin (ancien français joindre, apprenti, du latin junior, plus jeune) geindre verbe

geindre
v. intr.
d1./d Se plaindre en émettant des sons faibles et inarticulés. Geindre de douleur. Syn. gémir.
d2./d Fam. Pleurnicher.

I.
⇒GEINDRE1, verbe
I. — Emploi intrans.
A. — 1. Qqn geint. Pousser des cris plaintifs, étouffés et languissants, exprimant une douleur ou un malaise physique. Synon. gémir. La mère Fétu (...) ne geignait plus si fort. Elle gardait seulement une petite plainte sifflante et continue d'enfant qui souffre (ZOLA, Page amour, 1878, p. 825). Elle avait passé la nuit à entendre geindre un malade dans la chambre voisine (THARAUD, Bien-aimées, 1932, p. 241) :
1. ... délicatement et presque en la caressant, il lui passa la main sur l'estomac. Elle jeta un cri aigu. Il se recula tout effrayé. Puis elle se mit à geindre, faiblement d'abord.
FLAUB., Mme Bovary, t. 2, 1857, p. 171.
P. anal.
a) [Le suj. désigne un animal] Pousser des cris ressemblant à des geignements. Le cheval triste a le poitrail en sang. Il tire, traîne, geint, tire encore et s'arrête (HUGO, Contempl., t. 2, 1856, p. 125). [Les] lacs hérissés et fumants Où, par les mornes nuits, geignent les caïmans (LECONTE DE LISLE, Poèmes barb., 1878, p. 186).
b) [Le suj. désigne une chose] Émettre un son continu ou discontinu, assourdi, rappelant une plainte humaine. Les ressorts, les essieux geignent. Je réussis à ouvrir ma porte sans la faire geindre sur ses gonds (G. LEROUX, Parfum, 1908, p. 129). Le beau parquet ancien, en chevrons de chêne, geignait sous mes pas (COLETTE, Chambre d'hôtel, 1940, p. 75).
Rare. [Le suj. désigne un instrument de mus.] Émettre un son désagréable évoquant une plainte humaine. Le piano geignait avec tant d'âpreté, Qu'en l'écoutant, Chopin eût frémi d'épouvante (ROLLINAT, Névroses, 1883, p. 257).
2. Qqn geint de qqc. Pousser des cris étouffés et languissants, exprimant un affect très intense. Geindre de douleur. Il a collé sa bouche sur une faille de la margelle; entre les gueulées il geint de plaisir comme un petit enfant qui tette (GIONO, Colline, 1929, p. 98). Jacqueline a été réveillée par les jappements de Farloup qui la pressentait et geignait de joie (LA VARENDE, Homme aux gants, 1943, p. 259).
B. — P. ext., avec une valeur dépréc.
1. Qqn geint. Se lamenter à tout propos, sans grande raison. Synon. larmoyer, pleurnicher, récriminer. Je méprise tant les pleurnicheurs que je serais honteux de geindre (AUGIER, Ceint. dorée, 1855, p. 356). Agir ensemble, c'est toujours bon; parler ensemble pour parler, pour geindre, pour récriminer, c'est un des grands fléaux de ce monde (ALAIN, Propos, 1910, p. 73) :
2. — Nous allons donc être obligés, s'écria piteusement Léandre (...) de tirer nous-mêmes notre chariot. Oh! la maudite fantaisie que j'eus de me faire comédien!
— C'est bien le temps de geindre et de se lamenter! beugla le Tyran ennuyé de ces jérémiades intempestives, avisons plus virilement et en gens que la fortune ne saurait étonner à ce qu'il faut faire...
GAUTIER, Fracasse, 1863, p. 164.
2. [Constr. avec un compl. prép.] Se lamenter à propos de.
a) Geindre sur qqc. Il se passait peu de jours sans qu'on l'entendît geindre sur ses pertes et maudire la clientèle (SAND, Hist. vie, t. 4, 1855, p. 387). Nous geignons sur le bagne, où est enfermée notre jeunesse par la misère où elle se débat (GONCOURT, Journal, 1860, p. 808).
b) Geindre de + verbe. C'est Gille, du Figaro (...) qui se lamente et geint d'avoir à faire, avant de se coucher, un article sur Le Docteur Pascal (GONCOURT, Journal, 1893, p. 415). La vieille à plusieurs pas derrière geignait de ne pouvoir la suivre (JOUVE, Paulina, 1925, p. 136).
II. — Emploi trans., rare
A. — [Le compl. d'obj. désigne une production langagière] Prononcer, en se plaignant, d'une manière geignarde. Il se reprocha d'avoir geint ces prières, négligemment, sans même avoir sérieusement tenté d'agréger ses sens (HUYSMANS, En route, t. 2, 1895, p. 115). Pourquoi fallait-il qu'un comédien vînt geindre (...) des vers de Maurice Rostand (LEVINSON, Danse, 1924, p. 237). Il quitta le café et s'éloigna dans la nuit de la rue en geignant des imprécations (AYMÉ, Rue sans nom, 1930, p. 160).
B. — [Constr. avec une prop. complétive] Dire en se plaignant, d'une manière geignarde. Il ne le lâcha [son chapeau] que contre deux pièces de cent sous, en geignant qu'il allait sûrement s'enrhumer (ZOLA, Débâcle, 1892, p. 476). Les autres petits, las d'avoir fait dans la maison toutes les sottises possibles, commençaient à geindre qu'ils s'ennuyaient et qu'ils avaient faim (ROLLAND, J.-Chr., Matin, 1904, p. 125).
[Employé pour introduire un discours dir. ou en incise] La vieille femme (...) se mit à geindre (...) : « Je n' peux pu r'muer, mon pauv' monsieur; je n' peux pu... » (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, À cheval, 1883, p. 403). Mais, docteur, geignait le malade, vous ne pouvez me laisser souffrir ainsi! (ZOLA, Joie de vivre, 1884, p. 837).
Rem. 1. On relève a) Les constr. geindre de qqc., sous qqc. au sens de « se plaindre parce que l'on souffre de qqc. ». Les grands cœurs que blesse au vif l'iniquité dont geint autrui (CLEMENCEAU, Vers réparation, 1899, p. 36). La vieille hargne de nos paysans (...), du manant toujours geignant sous la dîme abbatiale, toujours enclin à se gausser du clerc, avec une peur atroce de l'enfer (VOGÜÉ, Morts, 1899, p. 206). b) Geindre en emploi subst. masc. Ce fut un bruit qui me réveilla (...). Ça semblait comme le geindre d'un nourrisson (GIONO, Baumugnes, 1929, p. 103). 2. Les dict. gén. du XIXe s. ainsi que Ac. 1932 considèrent geindre comme un terme fam. Geindre, surtout au sens B supra, a, gén., une valeur plus dépréc. que gémir.
REM. Geinte, subst. fém., rare. Lamentation. Mais rien ne prévalut sur le poète qui s'excusait d'ailleurs poliment et affectueusement sur l'indiscrétion de sa geinte (VERLAINE, Souv. et fantais., 1896, p. 284).
Prononc. et Orth. : [], (il) geint []. Ds Ac. dep. 1694. Homon. gindre. Conjug. : cf. craindre. Étymol. et Hist. 1. 1160-74 « se lamenter » (WACE, Rou, éd. A. J. Holden, II, 3975 : souvent geint et soupire); 1280 en partic. « gémir à tout propos » ici inf. subst. (Clef d'Amour, 2096 ds T.-L.); 1856 voix geignante et pleurarde (GONCOURT, Journal, p. 238); 2. 1573 « (d'une chose) émettre un bruit qui ressemble à une plainte » le bois geint sous l'acier (JEHAN DE LA TAILLE, La Famine, 5 ds GDF. Compl.). Du lat. class. « se plaindre, gémir » qui a donné régulièrement giembre en a. fr. ca 1200 (La Chanson de Guillaume, éd. Mc Millan, 535), v. FR. DE LA CHAUSSÉE, Initiation à la morphologie histor. de l'a. fr., § 170, devenu geindre p. anal. avec les verbes en -eindre; v. aussi craindre. Fréq. abs. littér. : 296. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 64, b) 499; XXe s. : a) 797, b) 454.
II.
⇒GINDRE, GEINDRE2, subst. masc.
Vx, rare. Ouvrier boulanger. Un boulanger et son gindre, tous deux très rouges, très poussifs, mais des profils superbes (A. DAUDET, Lettres moulin, 1869, p. 13). Les mains convulsées ainsi qu'un geindre dont les poings pétriraient un monde (ZOLA, Œuvre, 1886, p. 89). Il fit de la pâtisserie, lui, très vite, laissant le gros ouvrage à des gindres plus épais (LA VARENDE, Bric-à-brac, 1953, p. 83).
Prononc. et Orth. : []. La graph. ds Ac. 1878 et 1932 est gindre. C'est aussi celle de LITTRÉ, DG, GUÉRIN 1892. La var. geindre est admise ds ROB., Lar. Lang. fr., Lexis 1975. Elle a l'inconvénient d'être homogr. avec le verbe geindre. Homon. geindre. Étymol. et Hist. Av. 1105 judéo-fr. joindre « apprenti » (Gl. de Raschi ds FEW t. 5, p. 74a); 1260 id. « compagnon d'un maître artisan » (E. BOILEAU, Métiers, 7 ds T.-L.); 1338 gaindre (Reg. des lett. franch., Arch. K 1511, fol. 5 r° ds GDF. Compl., s.v. gaindresse). Anc. cas suj., issu du lat. junior nomin., compar. de l'adj. juvenis « jeune ». L'a. fr. joindre est issu de , altération du class. d'apr. . Junior est attesté en b. lat. comme subst. aux IVe-Ve s. ds la langue militaire, synon. de tiro « jeune soldat, recrue » (VÉGÈCE, Mil., 1, 7 ds TLL s.v. juvenis, 739, 4) et ca 720 au sens de « apprenti » (Lex Alamannorum, v. M. Bambeck ds Z. rom. Philol. t. 77, p. 326); cf. le dér. lat. médiév. jundragium « droit payé pour la mouture du blé par les aide-boulangers » (1101-29, Cartulaire de S. Père de Chartres ds BAMBECK Boden, p. 57-58). Cf. l'a. fr. joindre au sens de « cadet » (ca 1175, Horn, 2391 ds T.-L. s.v. juene) et, d'autre part, l'a. fr. gignor, subst. « aide d'un maître artisan » (ca 1160 Eneas, 4403, ibid.), issu de l'acc. juniorem.

gindre ou geindre [ʒɛ̃dʀ(ə)] n. m.
ÉTYM. V. 1268; joindre, fin XIe, en judéo-franç.; lat. junior « plus jeune ».
(V. 1268). Vx. Ouvrier boulanger qui pétrit le pain. → Pain, cit. 1.
HOM. Geindre (verbe).
————————
1. geindre [ʒɛ̃dʀ] v. intr. [CONJUG. peindre.]
ÉTYM. Déb. XIIIe, giendre; giembre, fin XIIe; du lat. gemere. → Gémir.
1 (XIVe). Littér. ou style soutenu. Faire entendre des plaintes faibles et inarticulées. Gémir, plaindre (se). || Blessé qui geint (→ Avant-poste, cit. 1). || Animal qui geint de peur (→ Daim, cit. 2).
1 (…) dès qu'il vit le médecin, son exaltation tomba, et, au lieu de sacrer comme il faisait depuis douze heures, il se prit à geindre faiblement.
Flaubert, Mme Bovary, I, II.
2 Les enfants, percés de froid et ne pouvant dormir, geignaient sous le pauvre abri des ménages (…)
E. Fromentin, Une année dans le Sahel, p. 82.
2.1 Le cœur gros et les yeux pleins, elle geignit longuement.
Huysmans, les Sœurs Vatard, III, p. 45.
3 Pour l'instant, le malade, ne souffrait guère; ronflant et geignant, il somnolait.
Martin du Gard, les Thibault, t. IV, p. 122.
2 (1573). Sujet n. de chose. Faire entendre un son plaintif. || Girouette rouillée qui geint.
4 Et lorsque Maribas riait ou pleurait, on entendait comme geindre un archet sur les trois cordes d'un violon démantibulé.
Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, p. 71.
5 L'orgue enfoui sous la peau d'ours, quand son maître l'agaçait avec la manivelle, geignait lamentablement, semblait demander grâce, poussait des soupirs asthmatiques (…)
Th. Gautier, Voyage en Russie, p. 165.
6 De temps en temps sous l'ouragan
Un vieux sapin geint et se couche (…)
Apollinaire, Alcools, Rhénanes, « Les sapins ».
3 (XIVe). Cour. Se lamenter à tout propos, sans raison valable. || Il, elle ne cesse de geindre. Geignard (→ Fureter, cit. 2). || Elle geint toujours quand elle perd (→ Fléau, cit. 9). || Passer sa vie à geindre (→ Exister, cit. 17).
7 Aussi bien pourquoi me mettrais-je à geindre ?
Vous ne m'aimiez pas, l'affaire est conclue,
Et, ne voulant pas qu'on ose me plaindre,
Je souffrirai d'une âme résolue.
Verlaine, Romances sans paroles, « Birds in the night ».
8 Se plaindre et geindre sans rien vouloir améliorer, jalouser le sort du voisin sans rien vouloir changer au sien, vous aide à supporter la vie.
R. Rolland, Liluli, p. 24.
Geindre sur, à propos de qqch.Il geignait d'avoir à travailler.
4 N. m. Littér. et rare. Le fait de geindre; ensemble de geignements. Plainte.
9 (…) langues de cruauté, échos, appels, cris de hâleurs, geindre des porteurs d'eau, ahan des sculpteurs de pierre (…)
Aragon, Blanche…, II, I, p. 191.
DÉR. Geignant, geignard, geignement, geignerie, geigneur.
HOM. 2. Geindre.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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